Mardi 13 mai 2008

Réveil à 4h15 ! Ca commence à être dur, comme rythme. D'autant que le groupe électrogène n'a pas encore été redémarré, qu'il fait froid et qu'il n'y a pas d'eau dans la salle de bain. De toute façon, à vue de nez, la salle de bain me semble inapprochable. Apparemment, il y en a qui ont été malades cette nuit... Beurk... Une seule solution, s'habiller très vite, et se débarbouiller à la lingette avant d'aller prendre le petit déjeuner. Le temps de se mettre à table, et le groupe électro a redémarré. Que la lumière soit. Mais il semblerait que les températures aient fait geler l'eau dans les citernes. Donc on ne peut toujours pas utiliser les toilettes. Et ça, c'est légèrement gênant.

Les 4x4 démarrent à 5 heures. Il fait encore nuit, et très froid. Mais avec MP, on a la patate et on chante à pleins poumons un peu tout ce qui nous passe par la tête. Je vous dis pas le souk qu'on met dans la voiture. Dommage pour Christine qui n'a pas l'air très en forme et aurait peut-être aimé continuer sa nuit. Mais bon, faut qu'on lutte contre l'adversité, nous aussi.

En parlant d'adversité ... depuis tout à l'heure, il y a un voyant rouge allumé au tableau de bord. Mais comme ça n'a pas l'air de perturber le chauffeur, on se dit que c'est peut-être normal... jusqu'au moment où le capot se met à fumer. Arrêt obligatoire. Les autres chauffeurs rappliquent en quatrième vitesse, et tout ce petit monde se penche sur le moteur. Apparemment, c'est une durite qui a éclaté : le chauffeur avait oublié de retirer le carton qui protégeait le moteur du froid pour la nuit, et bien sûr, celui-ci a brûlé.
Finalement, ça tombe bien cette halte impromptue, parce que mes intestins se rappellent à mon bon souvenir. Il fait encore nuit, on est au milieu de nulle part, l'occasion est trop belle : je m'éloigne avec mon rouleau de PQ et finit par trouver un petit coin abrité... Evidemment, les 4x4 redémarrent à ce moment-là. Je vous jure, on peut jamais être tranquille.

J18_Chuvica_4x4Bon ben, ça n'a pas l'air d'être une lumière, notre chauffeur. C'est à se demander s'il ne le fait pas exprès de toujours prendre les trous de la route, au lieu de les éviter. Le moins qu'on puisse dire, c'est que le chemin est cahoteux. Y'a longtemps qu'on s'était pas fait secouer !
J18_Chuvica_GalerieEt puis paf ! La tuile ! Enfin, le trou : un plus gros que les autres, qu'on aborde franchement. Nous on rebondit au point de taper au plafond. La galerie non plus n'a pas supporté : elle a avancé d'au moins 20 centimètres. Nouvel arrêt pour la remettre en place. On en profite pour sortir prendre l'air. Christine a l'air bien pâle... "Ca va Christine ?" Ca n'a pas trop l'air.

Bon, ça y est, c'est réparé. On peut reprendre notre route sur l'altiplano, vers notre première étape, la laguna Cañapa, un lac d'altitude au pied des volcans, hébergeant des flamants roses. Il fait toujours très froid, mais nous sortons faire quelques photos (ou des tentatives) des reflets, flamants et autres oiseaux.
Nous rejoignons bientôt la réserve nationale de faune andine Eduardo Avaroa. Située à la pointe sud de la Bolivie, elle a été créée pour protéger l'habitat naturel des flamants, des vigognes et de toute une faune sauvage. Elle va nous permettre de découvrir de nouveaux sites magnifiques.

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J18_Chuvica_LagunaColoradaSur le coup de 14 heures, nous nous arrêtons pour déjeuner dans un refuge. Très "rustique", mais la soupe est un délice. Et ça réchauffe, ce qui n'est pas rien. Juste le temps de passer aux toilettes et d'éviter les moutons qui essaient d'entrer dans les dortoirs, et nous reprenons déjà la piste en direction de l'arbre de pierre puis de la J18_Chuvica_LagunaColorada2Laguna Colorada. Ses teintes rouge orangé sont à tomber par terre. Quel paysage époustouflant ! La lagune est en partie gelée (quand je vous disais qu'il faisait froid), mais les flamants sont partout. J18_Chuvica_LagunaColorada3Ils sont moins frileux que nos flamants de Méditerranée.

Nous repartons rapidement pour prendre un peu d'avance, car notre véhicule se traîne particulièrement, et notre chauffeur est en train de mettre les nerfs de notre guide à rude épreuve. Après avoir failli être coincés dans une montée de cailloux ce matin (c'est qu'on nous a quand même fait sortir de la voiture le temps de passer l'obstacle, au cas où il finirait dans le ravin), maintenant on se traîne sur la route, on prend tous les creux et les bosses. Sympa, la séquence Orangina. Heureusement, ça n'empêche pas Christine de "planter la clôture", selon l'expression consacrée. Au moins, elle récupère un peu.J18_Chuvica_SolDeManana
Tant bien que mal, nous atteignons les geysers de Sol de Mañana à 4800 mètres d'altitude. Finalement, on s'habitue à l'altitude. Ca sent le souffre ici. Et c'est pas une vue de l'esprit !

Nous J18_Chuvica_Licancabourvoilà repartis vers la Laguna Verde, à l'ombre du volcan Licancabur. C'est paraît-il la plus belle, et il faut absolument l'atteindre tant que la lumière est bonne. Malheureusement, le chauffeur ne réagit pas quand Nico demande à s'arrêter. A un moment, on a même cru qu'il allait le frapper. C'est dire ! Finalement, nous profitons du dernier rayon de soleil sur le lac bleu et vert, et repartons vers le poste frontière bolivien : une petite baraque et deux douaniers perdus sur l'altiplano. Nous faisons tamponner nos passeports pour la sortie de territoire, puis MP et moi allons chercher nos bagages dans les 4x4 pour les charger dans le minibus, par la fenêtre, car il n'y a pas de soute. Efficacité. MP remet à l'un des chauffeurs de 4x4 les cartes qu'elle n'a pas pu poster à Uyuni, avec l'espoir qu'il les mettra dans une boîte. Aux dernières nouvelles (deux ans après), il ne me semble pas qu'elles soient arrivées. Moi j'avais pris le parti de poster les miennes du Chili. Tant pis pour les timbres boliviens.

Enfin un chauffeur digne de ce nom et une route asphaltée ! Nous profitons de ce petit répit pour remplir les documents d'entrée au Chili, puis atteignons San Pedro de Atacama à la nuit. Voilà, nous sommes en territoire chilien. Reste à passer la douane. Le bus s'arrête devant le poste frontière, et nous devons, après avoir remis les documents d'immigration, décharger tous les bagages pour la fouille. C'est qu'ils ne plaisantent pas, les douaniers chiliens. Introduction, même involontaire, d'une banane sur le territoire, et c'est la grosse amende qui vous tombe dessus. A tour de rôle, nous posons tous nos bagages sur la table et restons debout à côté, le temps de la fouille. Ils vérifient mon petit sac à dos et mon sac bolivien plein de mes achats, mais pas le grand sac à dos. C'est en voulant récupérer mon grand sac, que ça s'est gâté : la lanière s'étant coincée sous le sac de MP, j'ai manqué d'embarquer toute la table, ce qui me vaut un nouveau surnom : Pierre Richard. Sympas, les gars !

Nous rechargeons tous les bagages à l'arrière du bus. Cette fois, la prochaine halte sera la bonne : l'hôtel. Très très agréable : de petits bâtiments, une grande cour, le calme et la nuit étoilée. Si on ajoute à cela une bonne douche chaude et un sèche-cheveux, c'est le bonheur. Il est temps d'aller manger.

Nico nous emmène tout d'abord faire du change, puis dans un restaurant tenu par un toulousain pour le dîner d'adieu. Et oui, demain nous nous séparerons de notre guide qui ne vient pas à Santiago avec nous.
Nous sommes dos à une superbe cheminée en adobe qui trône au milieu de la salle, et là, je savoure. Qu'est-ce que c'est bon, cette chaleur. Le patron nous offre un pisco sour en apéro, et ça me monte rapidement à la tête, au point de sortir une blague plus que douteuse quand les plats de saumon arrivent (en espagnol, saumon se dit salmon.Je vous laisse deviner la suite...) Manque de bol, le serveur est basque et comprend ce que je viens de dire. OK, je n'ai plus qu'à aller me cacher dans un trou. Hou là, ça tourne. Ca me réussit pas le pisco.
A la fin du repas, je me sens mieux, mais pas encore assez pour me lever et rentrer avec les couche-tôt. Jacques ne trouve rien de mieux que de commander une bouteille de vin (ce Casillero, c'est vraiment le diable), et nous restons un moment à discuter au coin du feu.

Alors je vous rassure tout de suite, je n'ai pas eu besoin qu'on me porte pour rentrer. Mais heureusement qu'il n'y a pas beaucoup de voitures dans San Pedro, parce que je ne suis pas sûre que je marchais bien droit. Ce qui nous vaut un bon fou-rire, avec MP.

P... ça tourne !