Vendredi 9 mai 2008

Il chante tôt le coq, non?
- Moins qu'à Tahiti, aurait pu me répondre MP.
- C'est pas faux.

J14_Llachon_FileusesIl fait déjà grand soleil - un peu frisquet quand même - et toute la famille est debout, je suppose depuis longtemps. Les femmes filent la laine dans la cour tandis que les enfants s'amusent. Marie-Thérèse s'essaye au filage, mais il faut sacrément maîtriser la quenouille, et je crois que c'est pas mon truc. Donc, après une toilette de chat, compte-tenu de la simplicité des infrastructures sanitaires, nous prenons un délicieux petit déjeuner avec vue sur le lac.

"Oh My God ! J'ai petit-déjeuné devant le lac Titicaca !!!!!!"
Oui, même avec le recul, ça reste impressionnant.

J14_Llachon_CheminEcoleAllez, c'est l'heure d'aller à l'école ! J14_Llachon_MoutonsMaïté, notre guide, nous entraîne à pieds vers l'école de Llachon, que parraine Viventura. Grâce aux fonds de soutien, ils ont pu bâtir des sanitaires pour l'école, et certaines personnes de l'équipe participent également en venant donner des cours.
Nous on n'est pas en avance, mais apparemment, certains élèves non plus. Sur le chemin, nous croisons même un troupeau de moutons.
On est vendredi, veille du week-end de fête des mères, et la plupart des professeurs ne sont pas là. Les élèves, oui, par contre. Même si certains feraient bien l'école buissonnière. J14_Llachon_EcoleCertains travaillent avec les instructions laissées par les profs. Pour d'autres, c'est un peu la pagaille. Nous visitons quelques classes, distribuons feutres et stylos (les supers stylos Robot Boy et Galaktik Football de MP ont eu pas mal de succès), regardons les installations, puis repartons vers l'embarcadère après avoir dit au-revoir à nos hôtes. Il est temps de reprendre le cours de notre voyage.

Un bateau à moteur nous emmène aux îles des Uros, trois îles traditionnelles de roseaux, loin des îles plus étendues habituellement réservées aux touristes. Attention, le débarcadère est sommaire. C'est J14_Llachon_IleUrosplutôt bizarre de marcher sur ce sol crissant, souple, mais somme toute assez stable. Attention aux trous quand même, et à ne pas trop s'approcher du bord.
Les Uros nous expliquent comment sont fabriquées leurs îles : des blocs J14_Llachon_UrosPoissonde roseaux découpés, avec terre et racines, liés entre eux et ancrés à un endroit précis du lac. Puis on recouvre cet assemblage de roseaux coupés jusqu'à faire un tapis très épais. Au fur à mesure que le temps passe, on recouvre l'île de roseau frais, jusqu'au moment où le socle va toucher le fond. Alors on l'abandonne pour en faire une autre. Nos hôtes nous parlent aussi de leur mode de vie, de leur artisanat,J14_Llachon_BaladeBarqueUros comment sont fabriquées les fameuses barques. Sur ces îles, tout n'est que roseau. Certains s'essayent au poisson grillé qui a auparavant séché au soleil, mais pour moi c'est encore un peu tôt.
Nous avons également la chance de pouvoir faire un petit tour en barque... euh... y'a pas de gilet de sauvetage? Il a dit "pas besoin", le monsieur. OK. C'est quand même étroit et pas très rassurant, mais finalement bien sympa. On goûte tellement le calme et le silence de la barque qui file sur l'eau sans le moindre clapotis, que ça donne envie de faire la sieste.

De retour au bateau, nous reprenons la traversée du lac et entamons le pique-nique tandis que nous passons à hauteur J14_Llachon_TravauxRoutedes îles touristiques - effectivement bien différentes. Un petit cours de Maïté sur la coca plus tard, et nous accostons à Puno où nous attend notre bus avec les bagages. La route longe le lac jusqu'à la frontière avec la Bolivie. Et quand je dis la route : attention travaux ! Un gros tas de gravas la sépare en deux et on ne sait pas où passer, car personne ne fait la circulation. Finalement, nous sommes déviés vers une piste... On ne sait pas où on va, mais une chose est sûre : on y va ! Un dernier arrêt nous permet de faire les dernières photos du lac où le coucher de soleil s'annonce magnifique. Malheureusement, nous n'avons pas le temps de rester pour le voir.

Desaguadero, la ville frontière. Un sacré embouteillage de bus, de taxis et de pousse-pousses. Notre bus essaie de s'avancer le plus possible, mais comme les véhicules n'ont pas le droit de traverser, il faudra de toute façon finir à pieds. Ce qui arrive très vite, car le voilà bientôt bloqué dans une rue encombrée. Nous sommes donc obligés de descendre et de charger les bagages sur des pousse-pousses pour aller jusqu'à la frontière. Là, le défi est de ne pas les perdre de vue, ni de perdre le groupe, car les gars se faufilent sans remord malgré la foule dense. Et si on n'y prête pas garde, on risque de ne plus revoir nos affaires. Il faut vraiment avoir des yeux partout. Je sens un peu le stress qui monte là... Si si.
Il faut dire que demain c'est jour de marché de l'autre côté, d'où l'affluence. Le pont frontière est encombré de vélos, piétons, ballots, marchandises. Spectacle impressionnant. Trop de stress, pas de photos. Pas le temps. Dommage.

Alors, la frontière, comment ça marche ?

1- Passage dans un premier bâtiment, la police, où on nous tamponne la fiche de sortie du pays.

2- Retour sur nos pas et passage dans un deuxième bâtiment, à l'immigration, où ils récupèrent la fiche tamponnée.

3- Passage de la frontière, un pont séparant le Pérou de la Bolivie, à pieds.

4- Passage dans un premier bureau de l'immigration bolivienne pour récupérer la fiche d'entrée dans le pays.

5- Après avoir rempli la fiche, passage dans un deuxième bureau pour donner la fiche.

C'est bon? Tout le monde est là? On peut enfin embarquer dans un nouveau bus où nos bagages ont été chargés. Vous êtes sûrs qu'il y a tout?
J14_LaPaz_Lumi_resNotre nouvelle guide s'appelle Yvana et nous parle de la Bolivie tandis que nous roulons vers La Paz, malgré deux contrôles de police. A la nuit, nous traversons El Alto, la banlieue pauvre qui domine la ville. Puis Yvana nous demande de fermer les yeux quelques minutes. Lorsqu'enfin nous pouvons regarder, un panorama époustouflant s'étale sous nos yeux : une immense cuvette illuminée, pas un espace qui n'échappe aux lumières. Côté circulation aussi, c'est hallucinant. On frôle l'accident à chaque carrefour, au fur et à mesure que nous descendons vers le centre de La Paz. Sont fous ces boliviens !

J14_LaPaz_ChambreL'hôtel est en plein centre, à côté de la basilique San Francisco. La chambre est magnifique plutôt grande, avec un troisième lit au milieu pour étaler tout notre bazar. Chic alors ! C'est qu'on prend vite de mauvaises habitudes.
Tout le monde est claqué, aussi nous décidons de manger au restaurant de l'hôtel, mais le service est long ... long ... long... Nico nous avait pourtant prévenus. Un dernier point pour savoir qui fait quoi demain, et dodo.