Jeudi 8 mai 2008

Ce matin 7 heures, comme prévu tout le groupe est fin prêt dans le hall de l'hôtel pour le départ vers la région du lac Titicaca. Malheureusement, le bus n'a pas pu rentrer dans la ville : après une certaine heure, les gros véhicules sont interdits en ville. Et notre bus, contrairement aux précédents, fait 45 places. C'est ballot. Bref, il faut organiser l'évacuation à l'aide de taxis dans lesquels nous nous entassons, tandis que les bagages sont arrimés tant bien que mal sur le toit. Si tout arrive à bon port, on aura de la chance. D'autant que les chauffeurs ne sont pas très tendres.
J13_Capacchica_painPetite séquence "transfert de bagages" + J13_Capacchica_Lucie"achats de provisions", un nouvel arrêt dans la capitale du pain en prévision du pique-nique, et nous voilà enfin en route pour l'Altiplano. Sous nos yeux blasés depuis le Machu Picchu (mais non, je déconne...), nous voyons défiler les troupeaux d'alpacas, de moutons, les prés, les montagnes, et toutes les grandes étendues que peut recéler ce pays. J13_Capacchica_NicoCopainLors d'une halte "touristes", nous faisons la connaissance de Lucie qui se prête volontiers à une pause photo, tandis que Nico se fait un nouveau copain.

 



J13_Capacchica_siesteQuelques kilomètres plus loin, c'est l'indispensable arrêt pipi-pique-nique, au milieu de nulle part, et certains en profitent pour mettre à contribution l'unique muret de l'endroit pour un emploi assez peu orthodoxe. Perso, je préfère le confort du grand bus, et j'en profite d'ailleurs pour dormir une bonne partie du trajet.
Nouvelle halte à Juliaca, où il nous est vivement recommandé de rester dans le bus, la ville étant l'une des moins sûres du pays. Ça n'empêchera pas des téméraires d'aller acheter quelques fruits à deux pas de là.

J13_Capacchica_lacLe bus, c'était bien, mais comme les bonnes choses ne durent jamais, il nous faut déjà en changer, car un mastodonte pareil ne passe pas sur la piste que nous allons aborder. C'est que nous sommes déjà bien proches du lac Titicaca, autre lieu mythique qui a enflammé bien des fois mon imagination. Oui bon, son nom a beau signifier "le puma gris", pour l'instant c'est surtout une grande étendue d'eau.


Vers 16 heures, nous arrivons enfin à destination : Llachon, un petit village de la péninsule de Capachica, sur les bords du lac, où nous sommes accueillis par Siméon, le chef de la communauté, et sa femme Alda. C'est chez eux que nous logerons cette nuit. MP et moi allons partager avec Christine une grande chambre dans un bâtiment d'adobe séparé des bâtiments principaux, et qui donne sur la cour. Nous nous installons donc tranquillement et en bonnes citadines, faisons les premières constatations d'usage :
J13_Capacchica_chambre- Euh... la porte ne ferme pas. C'est normal ? Et quand je dis ça ferme pas, c'est pas qu'il n'y a pas de verrou, mais juste qu'il faut mettre une chaise contre la porte pour éviter qu'un coup de vent ne l'ouvre.
- Bon allez, c'est pas grave. On craint rien ici.
- Les couvertures, vous croyez que ça va suffire ? C'est qu'il fait frais ici, la nuit. Et entre la porte qui ne ferme pas, les carreaux plus que légers et les courants d'air passant par le toit...
Nico nous avait pourtant prévenues : "c'est pas des couvertures pour enfants de chœur. Une, ça suffit largement". Effectivement, quand la jeune fille nous apporte les couvertures supplémentaires, nous avons bien du mal à les manipuler pour les mettre sur les lits. C'est TRÈS lourd ! Avec ça, pas de risque de bouger cette nuit.
Allez, on au final, cette chambre, c'est sommaire, rustique, mais tout est très propre et on y est très bien. Côté sanitaires, il faudra aller au WC avec la lampe de poche, et il n'y a pas de douche. Juste un petit lavabo. Mais on fera largement avec. Après tout, c'est pas tous les jours qu'on est invité par les habitants du lac Titicaca.

J13_Capacchica_SalleCommuneNous nous retrouvons bientôt, sur l'invitation de Siméon, dans la salle commune pour boire un maté de coca, puis nous sommes plusieurs à décider d'aller faire un tour. Le vent vient de se lever sur le lac et les nuages sont menaçants. Nous prenons la piste qui mène au village où la place est déserte. Sur la chemin du retour, alors que la nuit tombe, nous croisons les troupeaux qui rentrent au bercail. Il fait de plus en plus sombre (ah zut! Y'a même pas de réverbère, et j'ai pas pensé à prendre ma lampe de poche. Comme quoi, on perd vite les bons réflexes.) et au loin, sur l'autre rive du lac, on voit très bien les éclairs qui zèbrent le ciel d'orage. En attrapant le chemin qui descend vers la maison, nous redoublons de prudence, car ça se confirme, on n'y voit plus à un pas devant soi.

 

Dans la salle commune, nous retrouvons le reste du groupe, pendant qu'Alda et ses filles - sœurs - nièces s'activent dans la cuisine, sous l'œil intéressé de Mireille et Marie-Thérèse.
Le repas est proprement délicieux et se déroule dans une ambiance enjouée. Nous piquons même un gros fou-rire avec MP et Nico, à propos d'une histoire de chèvre - Ben quoi, qu'est-ce que j'ai dit ? Si si, je vous jure, on dit El Chupacabra - Pour connaître le pourquoi du comment, reportez-vous à la traduction littérale de Chupacabra.
Un fou-rire ? Vraiment ? Bon, je sais pas ce que c'était en réalité, mais quand j'ai commencé à m'étouffer, il a bien fallu que je me lève et que je sorte faire un tour pour me remettre. Bon sang, je vais avoir mal aux abdos longtemps, avec ces bêtises.

Tout à coup, voilà nos hôtes qui nous font lever et commencent à nous habiller avec les costumes traditionnels.
- Mariée ? Célibataires ?
J13_Capacchica_LesIngallsEuh ... ça vous regarde ? Ah, en fait, il y a un chapeau différent pour les femmes mariées et les célibataires. Du coup, avec MP, Anne et Christine, nous avons droit au bonnet bariolé à pompon. Bon, nous on ressemble un peu à Marie et Laura Ingalls, mais à part ça tout va très bien.
Une fois tout le monde vêtu de pied en cap, oJ13_Capacchica_Danse1n nous entraîne dans la cour où les voisins se sont rassemblés et ont allumé un grand feu dont les flammes dansent sous un magnifique ciel étoilé. Ah ben oui, finalement l'absence d'éclairage public, ça a du bon. Les musiciens sont là. On dirait qu'on va danser nous aussi. Effectivement, la musique remplit bientôt tout l'espace et nos hôtes commencent à danser autour du feu, avant de venir nous prendre la main pour nous inviter à les rejoindre. Et ça se danse comment, ça ? Mon petit cavalier de 10 ans se charge de me montrer... en me démontant juste un peu les bras au passage. Mais c'est pas grave. Le seul problème en fait, c'est que les morceaux sont très longs, et qu'on est en altitude, alors nous, on a du mal à tenir la distance et à reprendre notre souffle. Mais quoi qu'il en soit, cette soirée restera longtemps gravée dans ma mémoire.

Et puis le feu finit par s'éteindre. Tout le monde se souhaite la bonne nuit, et MP, Christine et moi regagnons notre chambre à la lumière de la lampe de poche. Après avoir calé la porte, nous nous glissons sous nos couvertures pour nous endormir très vite. Effectivement, vu ce qui pèse sur mes jambes, je ne risque pas de bouger cette nuit.